église

La commune de Vrigny

VRIGNY (45300)
Département du LOIRET
Arrondissement et canton de PITHIVIERS
Distance :
40 kilomètres d’Orléans
12 kilomètres de Pithiviers
Habitants : les Vrignois

EVOLUTION DE LA POPULATION DE VRIGNY

année nombre d’habitants
1876 765
1891 671
1911 600
1921 459
1936 426
1954 440
1962 433
1975 439
1983 494
1989 500
1999 612
2006 712
2012 840

LIEUX HISTORIQUES

Dans la carrière de Châtillon, les fouilles ont mises à jour des fours gallo-romains.
La fontaine Sainte-Caprais.
La butte féodale.
Le château de la Brosse : admirablement situé au milieu de grands bois,
il est visible de la rue du Bourg et de la route de Courcy.
Son accès est non autorisé et il a conservé dans son ensemble l’aspect
qu’il avait au XVIII° siècle, bien qu’en 1868 ses ailes furent surélevées.
L’Eglise Notre Dame de l’Assomption (style roman) : l’église primitive remontait au XI° siècle.
Elle a été restaurée au XIV° siècle et reconstruite au XIX° siècle. Très belle chaire.
La ferme des Cinq-Chênes.
La ferme de Boissy.

Le Musée du Père Mousset

La maison du Père Mousset, fermette authentique du bricolier (petit paysan) d’avant 1914, a retrouvé toute la quintessence de son âme rurale grâce à Henriette et Pierre BRETHEREAU qui y ont consacré toutes leurs heures de retraités.
Collectionneurs d’objets anciens, agriculteurs de longues lignées, ils ont restauré cette bâtisse familiale, remeublé le logis, réinstallé les outils utilisés par le Père Mousset (1838-1931) le dernier habitant de cette fermette longue et basse en torchis et colombage.
On vous y raconte en patois et moult anecdotes la dure vie de l’époque avec une conviction, une authenticité que l’ambiance vous fait chausser les sabots de vos grands parents, vous courber avec la houe, suivre le geste cadencé du semeur.
De la cave au grenier en passant par les dépendances, la vie au quotidien d’il y a 150 ans du Père et de la Mère Mousset, accompagnée d’une reconstitution de l’école, du bistrot et de l’église.
« Bonjour à vous ter tous, j’son ben content de vous vouer. T’aurais cru la Modeste (la Mère Mousset) qu’il viendrait autant d’biau monde nous vouer » Le Père Mousset vous invite à passer la porte et respirer l’air du temps.

MUSEE DU PERE MOUSSET
15 rue de Foncemagne
45300 VRIGNY

OUVERT LE DIMANCHE ET, SUR RESERVATION, EN SEMAINE

Contact au 02 38 34 18 60 ou 06 23 39 02 10

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Quand nos aînés se souviennent (1/2)

Il y a soixante ans certains des habitants de Vrigny, ont vécu des instants que nous ignorons souvent et que parfois nous n’imaginons même pas.

Au-delà de la « grande histoire » comme la drôle de guerre ou la débâcle de juin 1940, la vie quotidienne de jeune gens et jeunes filles de l’époque étaient un ensemble de petits faits qu’ils on bien voulu nous transmettre aujourd’hui. Petit faits qui apportent un éclairage plein d’émotions de tristesse ou joies mêlée.

Ainsi Jeannette, Marc, Luc et Jean-Pierre nous ont confié ce qui suit:

Le ravitaillement : Tout était contingenté durant ces années de guerre. L’occupant ayant pillé les richesses du pays, un système de rationnement par tickets permettait alors de s’approvisionner selon son âge ou sa profession. L’administrateur ayant pris soin de tout codifier soigneusement, un J2 ou un J3 représentait alors un rationnaire plus ou moins âgé auquel était attribué des tickets de rationnement pour chacun des besoins du quotidien. Il y avait des tickets pour tous et pour chaque chose, pour le textile, les métaux, mais aussi pour l’huile (250 g par personne et par mois) le chocolat (125 g par personne et par mois), la farine, etc.

Jean Pierre nous a confié quelques tickets de rationnement de cette époque de ‘vache maigre’, rationnement qui a perduré jusqu’en 1949.

 

Ginette, la femme de Marc, tenait l’épicerie à Vrigny juste après la guerre. Les rares denrées disponibles étaient livrées en gros conditionnement, en particulier l’huile était reçue en un petit tonneau qui contenait les rations du mois pour tout le village. Leur fille, Maryse, âgée de deux ou trois ans, trouva amusant de jouer à la marchande ‘pour de vrai’ avec le petit tonneau d’huile … en versa dans les ustensiles de sa dinette mais ferma mal le robinet du tonneau. Soudain on découvrit la totalité de l’huile devant approvisionner le village pour tout un mois répandue sur les tomettes de la cave … Quelle catastrophe… Heureusement l’instituteur, secrétaire de Mairie, alerté et possédant un petit stock d’huile assura un dépannage inespéré.

 

Les Allemands à Vrigny : Jeannette, dont la maman tenait le dernier café de Vrigny à l’angle de la rue des écoles et de la rue de Bouilly, Marc et Luc se rappellent que les troupes d’occupation ne furent présente que trois mois à Vrigny. Les officiers supérieurs ayant réquisitionné le château tandis qu’un officier et quatre soldats se logeaient dans diverses maisons du bourg dont un officier et quatre soldats dans le café. Une cuisine militaire roulante était en service dans la cour du café, à l’usage des troupes ennemies. Il y avait parfois un surplus de cuisine, ce qui était particulièrement convoité alors. L’officier allemand proposait parfois ces restes à la maman de Jeannette, laquelle se dépêchait d’en faire profiter des voisins particulièrement démunis. Mais l’officier s’en aperçu et interdit formellement cette entraide. La maman de Jeannette renversa alors le plat sur le sol de la cour devant l’officier pour lui montrer sa désapprobation courageuse. Sa fille se souvient alors de la colère de l’allemand et de ses remontrances … incompréhensibles car en allemand.

 

Janvier 1944 les obsèques des aviateurs américains à Vrigny. Le 7 janvier 1944 un bombardier Libérator américain est abattu par un chasseur allemand et s’écrase dans les bois du Briou. Cinq aviateurs américains morts dans l’avion sont enterrés dans le cimetière communal. Marc avait en sa possession un stock de petits drapeaux français fournis par les chocolats Poulain. Les habitants de Vrigny venus en foule à la cérémonie d’obsèques dans l’église de Vrigny purent agiter le drapeau national, sur la place de l’église au sortir de la cérémonie d’obsèques. Evidemment cette marque de patriotisme était formellement interdite par les autorités de l’époque et particulièrement par les troupes d’occupation allemandes, et les conséquences auraient pu être très grave pour nos concitoyens trop ostensiblement patriotes pour l’époque… Heureusement l’occupant ferma les yeux et personne ne fut inquiété ce jour là. A Suivre …

Quand nos ainés se souviennent (2/2)

Tous nos témoins d’aujourd’hui Vrigny n’ont pas vécu pendant la dernière guerre dans notre village

 

Un habitant de Seine et Oise en 1941, nous raconte qu’un jour, il est appelé pour réparer une ligne électrique venant tout juste d’être bombardée. Il arrive dans son camion équipé d’un gazogène sur un secteur criblé de trous de bombes certaines n’ont pas explosées mais il doit rétablir le courant électrique au plus vite. Le voici montant au sommet du poteau de bois et réparant la ligne, à peine revenu à son véhicule, une énorme explosion retentit. Une bombe fichée au pied du poteau venait soudain d’exploser à retardement …

Son épouse travaillait officiellement aux PTT, là elle pouvait y elle intercepter en secret les messages dénonçant des français résistants, sauvant ainsi ces patriotes d’une arrestation par la police allemande et d’une mort probable. Or un jour, elle se fit voler son sac à main dans le métro. Ce sac contenait un peu d’argent, sa carte d’identité, mais aussi avec un signe de reconnaissance pour ses compagnons de résistance : un brassard de tissus portant le sigle FFI (Forces Française Insurgées dirigées par le général Kœnig), dont elle était membre, ainsi que son mari.

Autant dire que si ce brassard était tombé aux mains des troupes d’occupation ou de la police de Vichy, c’était l’arrestation et pire encore. Après plusieurs jours d’angoisse, le voleur rendit le sac, délesté de l’argent, mais avec le précieux brassard, et surtout, il s’abstint de dénoncer sa propriétaire à la kommandantur allemande.

 

Pour Jean Pierre les années 1940, furent une enfance campagnarde à côté de Chateauroux. Son village possédait alors une grande exploitation agricole d’élevage de mouton. La municipalité pour venir en aide à ses habitants, manquant alors du nécessaire du fait de la guerre, dotait les familles du village d’un ballot de laine brute charge pour elles de s’organiser afin d’en confectionner des vêtements. Mais que faire de laine tout juste tondue sur quelques moutons, et comment la transformer en pullover ?. Alors commençait l’aventure d’une journée. Il fallait prendre le train pour se rendre à la filature la plus proche pour faire transformer le ballot de laine brute en précieux fil à tricoter. Remis le matin, la laine était récupérée le soir, en ayant subi un long processus industriel : lavage, cardage, filage en grosse pelotes de laine à tricoter.

A cette époque où tout faisait défaut, certaines bassesses se faisaient jour. Ainsi ce boulanger d’un village du Berry, odieux personnage, qui retranchait une vingtaine de grammes de pain à la ration de l’enfant. Ce vol , cet abus d’un adulte vis-à-vis d’un enfant sans défense, Jean Pierre ne l’oubliera jamais et cette frustration reste vive et présente comme au premier jour où le l’injustice fut commise.

Ce manque généralisé de toutes sortes de fournitures de la vie quotidienne demandait astuce et débrouillardise. Luc se rappelle que les pneus de vélo, bien souvent le seul moyen de locomotion avec la marche çà pied, étaient introuvables dans le commerce. Alors il fallait gratter avec soin le pneu à réparer, jusqu’à en faire disparaitre toute trace de relief. Puis il collait dessus une bande de chambre à air découpée dans celle d’un camion. En l’occurrence son cousin garagiste lui fournissait des chambre à air de car dont le diamètre correspondait à peu près au diamètre requis. Pour les chambres à air de vélo, il n’y avait pas d’autre alternative que de les remplacer par des bouchons de liège glissés dans le pneu. On peut imaginer l’inconfort d’une bicyclette ainsi équipée…

Tous ces souvenirs de petites ou grandes frayeurs, de victoires sur l’adversité et les privations du quotidien nous ont été aimablement confiées par nos ainés que nous remercions tous pour nous avoir un moment raconté quelques uns de leur souvenirs d’une époque sans télévision, ni Internet, d’une époque pas si lointaine

 

De quand date notre église ?

Nous nous proposons d’évoquer aujourd’hui l’église de Vrigny, en nous rappelant que la christianisation de notre région remonte aux temps anciens, sans doute vers le Vème siècle, époque de l’évangélisation de St Martin de Tours et où vécut St Caprais, vénéré sur notre commune, en forêt, à Châtillon.

Il y eut sans doute à cet emplacement au cœur du bourg un premier lieu de culte dont nous n’avons pas mention. L’église que nous voyons au XXème siècle, date de plusieurs époques, nous allons essayer le l’analyser.

Nous remarquons tout d’abord le clocher qui domine la place de son toit en bâtière caractéristique de notre région. Il s’agit d’un clocher en façade en vogue dès l’époque romane, comme ceux de Courcy-aux-Loges, Santeau, Mareau-aux-Bois, Ramoulu, inspirés par le clocher-porche de St Benoit-sur-Loire, abbaye dont nous mesurons mieux l’influence sur l’architecture religieuse de notre région. Cependant, une plaque scellée à droite du portail roman, nous indique que ce clocher a été reconstruit en 1660 par Achille de Longueau, Seigneur des Cinq-Chènes, un Clérambault, apparenté aux Longeau-St-Michel. Il est dépourvu de contreforts comme c’était l’usage au 17° siècle (temps de Louis XIV) et la porte d’accès, avec sa clé pendante, confirme cette datation. Les ouvertures du haut sont du même modèle et la fenêtre de l’étage est surmontée des armoiries d’Achille de Longeau. En pénétrant sous le clocher, nous nous trouvons devant la porte d’entrée, elle a l’aspect d’une porte romane : un tore (boudin) la surmonte, souligné d’une archivolte, mais sans chapiteaux. Le même style de porte se retrouve à Bouzonville-aux-Bois et des exemples comparables existent à Guigneville, Engenville, Césarville, Marsainvilliers, La Neuville-sur-Essonne, Orveau. Il pourrait s’agir, en l’absence de chapiteaux, d’une forme tardive. Dans tous les cas, les nefs auxquelles ces portes donnent accès, datent de l’époque de St-Louis (XIIIème siècle), ici aussi sans doute, avant la reconstruction de la nef en 1870.

Continuant notre visite, nous descendons pour entrer dans la nef de trois travées, séparée du chœur par un transept (en saillant). Nous savons (Abbé Patron – recherches historiques sur l’Orléanais – Orléans 1870-1871) que la nef, menaçant ruine, fut reconstruite en style néo-gothique, cher au XIXème siècle, mais l’on a gardé le clocher, la porte et l’abside. Cette abside est à cinq pans, ce qui est plutôt rare dans une région où l’on utilisait le plus souvent le chevet plat. Il est possible qu’elles aient été refaites après les dégâts dus à la guerre de cent ans, d’après l’ébranlement des baies, que l’on distingue très bien dans le cimetière. Comment était l’église avant ? Nous ne le saurons sans doute jamais… L’église primitive, dédiée à St-Jean-Baptiste, fut ensuite placée sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption. Plusieurs statuts de Saints rappellent les dévotions de nos ancêtres : St-Aignan, St-Etienne, St-Jean l’Evangéliste, St-Jean-Baptiste, Ste-Jeanne-d’Arc, St-Joseph, St-Luc, St-Mathieu, Ste-Thérèse de l’Enfant Jésus, sans oublier Notre Dame.

Le mobilier est intéressant : la chaire, classée monument historique du XVIIème siècle, présente les sculptures du Christ et de trois évangélistes, le banc d’œuvre, qui lui fait face, est du XIXème siècle comme les autres éléments du mobilier : les bancs, les lustres. Nous avons remarqué en entrant, à droite, les fonds baptismaux, provenant de l’église de Limiers, au nord en allant vers Bouilly-en-Gâtinais, paroisse décimée par la Grande Peste du 14° siècle et dont les derniers vestiges furent détruits en 1822. Deux peintures : l’une dans le fond de la chaire représente une Assomption de la Vierge, l’autre est un portrait de la Bienheureuse Marie-Madeleine Pazzi carmélite, mystique florentine (1566-1607). Deux pierres tombales et deux plaques commémorent des membres de la famille Richer, propriétaires du château de la Brosse au XVIIème siècle.

L’église, riche d’un long passé, est bordée au nord par le cimetière dont les croix de fer forgé constituent un patrimoine précieux.

Connaissance et Sauvegarde du Patrimoine.

Geneviève Terrasse